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Église mondiale · 6 novembre 2026

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Les évêques du Nigeria appellent à des élections libres et pacifiques

black and brown brick wall
Christian Chomiak / Unsplash

Les évêques du Nigeria demandent la tenue d'élections libres et pacifiques dans un pays marqué par la guerre et la méfiance.

La Conférence Épiscopale a organisé une mobilisation comprenant le jeûne et la prière sous le slogan : Que coulent la justice et la paix. Cette initiative, inspirée du livre d'Amos, invite les diocèses, les paroisses, les associations ecclésiales, les familles et chaque citoyen à prier pour des scrutins justes, crédibles et pacifiques. Des journées de jeûne et de prière sont prévues le 31 octobre, le 28 novembre et le 15 janvier 2027, incluant des messes, le rosaire, une prière spéciale et, si la sécurité le permet, des processions.

Le père Michael Banjo, secrétaire général du Secrétariat Catholique du Nigeria, explique que cette démarche naît de l'inquiétude pastorale face à la violence électorale récurrente, aux manipulations, à l'achat de votes et aux divisions. L'Église souhaite que les Nigérians puissent choisir librement leurs dirigeants et que les résultats reflètent fidèlement les votes, sans crainte pour les citoyens ni entraves pour les candidats respectant la loi.

Les évêques appellent les fonctionnaires électoraux, le personnel de sécurité et la magistrature à agir avec impartialité. Ils demandent aux candidats de privilégier le bien commun sur l'ambition personnelle et aux citoyens de rejeter la violence. L'Église précise qu'elle ne cherche la victoire d'aucun parti, mais s'intéresse à l'intégrité et à la crédibilité du processus électoral.

Le contexte national est marqué par une violence extrême. Le 23 octobre, des hommes armés ont attaqué le village de Binnari, causant 62 morts et 52 blessés. Le 17 octobre, un convoi militaire à Gamboru a été touché par une mine, tuant dix soldats et cinq membres d'une milice. Le 10 octobre, une embuscade contre des commerçants entre Gwashi et Nasarawa a fait environ vingt morts, dont douze civils.

Outre les conflits, le climat électoral est pesant en raison de la pauvreté, de la corruption, du coût de la vie, de la criminalisation de la dissidence et de l'affaiblissement de l'opposition. La population ressent un mélange d'espoir, de frustration et d'appréhension.

Le calendrier officiel fixe les élections présidentielles et législatives au 16 janvier, et le renouvellement des gouverneurs et assemblées d'État au 6 février. La Commission Électorale du Nigeria estime provisoirement le nombre de votants enregistrés à 103,4 millions. Pour surveiller les résultats, l'initiative Nigeria Election Data Observatory prévoit d'utiliser 4 000 observateurs et une plateforme en ligne.