Église mondiale · 31 octobre 2026
Léon XIV souligne que l'Église discerne le bien, le beau et le vrai dans les cultures
Le pape Léon XIV a rappelé lors d'une audience que l'Église catholique entretient un lien profond avec la culture humaine, en s'appuyant sur les enseignements du deuxième chapitre de la deuxième partie de la constitution pastorale « Gaudium et spes » issue du Concile Vatican II. Il a affirmé que la foi chrétienne ne rejette pas la culture, mais qu'elle cherche à y discerner et à y intégrer ce qui est bon, beau et vrai afin de transmettre le message de l'Évangile.
Le souverain pontife a souligné que l'Église a toujours veillé à ce que la proclamation de l'Évangile s'accompagne de la création d'établissements scolaires destinés à approfondir la formation humaine, culturelle et spirituelle des hommes et des femmes sur les cinq continents. Il a mentionné spécifiquement les universités médiévales, nées du cœur de l'Église, qui ont apporté une contribution décisive au développement de la civilisation occidentale. Selon lui, l'institution ecclésiale soutient le développement de la culture parce que celle-ci constitue un bien en soi, au service de l'être humain et de la réalisation de sa vocation sur terre.
Léon XIV a identifié l'Incarnation comme le fondement essentiel de la relation entre la foi et la culture. Il a expliqué que la foi est une réalité incarnée, étroitement liée à la culture dans laquelle elle est immergée, et qu'elle est appelée à devenir elle-même culture. Cela signifie qu'elle doit atteindre l'être humain dans son milieu de vie, façonné par le langage, les traditions, le sens religieux, l'art, la poésie, la pensée et la science. Le pape a cité son prédécesseur Jean-Paul II, qui avait déclaré que la foi qui ne devient pas culture est une foi incomplètement acceptée, insuffisamment réfléchie et non vécue fidèlement.
Le discours papal a insisté sur le fait que la foi ne s'identifie exclusivement à aucune culture particulière, bien qu'elle puisse s'incarner dans chacune d'elles. La foi pénètre la culture et la façonne de l'intérieur. En restant attachée à sa propre tradition tout en étant consciente de sa mission universelle, l'Église est capable d'entrer en relation avec diverses formes culturelles, enrichissant ainsi à la fois l'institution elle-même et les différentes cultures. Le texte conciliaire rappelle que l'Église, envoyée à toutes les nations de tous les temps et de tous les lieux, ne se lie indissolublement à aucune race, aucun peuple, ni aucune coutume ancienne ou nouvelle.
Face aux progrès de la culture et du savoir, le pape a noté que de nouvelles questions plus profondes émergent constamment, incitant les croyants à justifier leur foi. Ces diverses manifestations culturelles, en tant qu'expression de la dimension spirituelle de l'homme, contribuent à ouvrir les esprits aux questions éternelles sur le sens du monde et de l'existence humaine, préparant ainsi à l'accueil de l'Évangile de Jésus-Christ. Léon XIV a averti que les chrétiens, bien qu'ayant reçu des réponses aux questions les plus importantes concernant l'existence humaine grâce à la Révélation, ne sont pas dispensés de l'obligation d'une formation intellectuelle et culturelle patiente. La connaissance doit se développer parallèlement aux contenus de la foi, qui doivent être approfondis continuellement selon l'âge et le niveau d'éducation.
En conclusion, le pape a mis en garde contre une expérience de la foi marquée par un esprit d'opposition ou d'hostilité envers le monde, la culture et ses manifestations humaines. Il a affirmé que la réalisation d'une synthèse mature et responsable entre la foi et la culture est une condition nécessaire pour persévérer dans la vocation chrétienne. Cette synthèse constitue également une exigence indispensable pour rendre témoignage à la foi devant le monde et la transmettre aux autres de manière crédible. L'Église appelle également la communauté internationale à garantir l'accès de tous aux biens culturels fondamentaux, en surmontant l'analphabétisme et le manque d'éducation.