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Persécution · 28 octobre 2026

Le patriarche œcuménique dénonce l'hypocrisie des acteurs ecclésiaux russes justifiant la guerre

a large group of people holding up signs
Alex Radelich / Unsplash

Le patriarche œcuménique Bartholomaios Ier a accusé l'Église orthodoxe russe de tenter de justifier la guerre contre l'Ukraine, tout en réaffirmant son soutien à la reconnaissance de l'Église orthodoxe d'Ukraine et en appelant à l'unité des fidèles. Cette prise de position marque une critique sévère envers les responsables religieux qui ont qualifié le conflit d'acte saint et cherché à lui donner une fondation théologique et métaphysique.

Dans des entretiens accordés à l'occasion du trente-cinquième anniversaire de son élection, le patriarche a insisté sur le fait que l'invasion militaire russe ne saurait être imputée à l'octroi de l'autocéphalie à l'Église ukrainienne. Il a qualifié cet argument d'échec visant à rejeter la responsabilité sur autrui pour excuser l'inexcusable. Selon lui, ceux qui prétendaient se soucier des croyants orthodoxes en Ukraine ont révélé leur hypocrisie en bénissant les bombardements contre un peuple qu'ils appelaient auparavant leurs frères. Le patriarche a affirmé que ces acteurs cherchaient en réalité à maintenir les Ukrainiens dans une dépendance spirituelle et à les soumettre au concept de monde russe.

La décision d'accorder l'autocéphalie en janvier deux mille dix-neuf a été présentée comme un acte purement ecclésial, motivé par la nécessité de rétablir l'unité des orthodoxes dans ce pays souffrant depuis longtemps. Cette démarche a inclus l'invitation des évêques de trois Églises orthodoxes d'Ukraine à un concile fondateur en deux mille dix-huit. Cependant, l'Église orthodoxe d'Ukraine liée à Moscou a refusé toute union sous l'autorité de Constantinople, et seuls deux de ses évêques ont participé au concile pour rejoindre la nouvelle structure. Le patriarche a souligné que cette procédure suivait la même méthode appliquée lors de la reconnaissance d'autres Églises locales plus jeunes auparavant sous sa juridiction.

Parallèlement à ces enjeux géopolitiques, le patriarche a exprimé son désir de voir rouvrir l'École théologique de Chalki, fermée par le gouvernement turc en mille neuf cent soixante-et-onze en vertu d'une loi nationalisant les établissements privés. Cette institution, fondée en mille huit cent quarante-quatre sur l'île de Chalki en mer de Marmara, fut le principal centre de formation du clergé du patriarcat. Des signaux récents émanant d'Ankara laissent entrevoir une possible autorisation future de réouverture. Le patriarche a également plaidé pour des relations pacifiques et normales entre la Grèce et la Turquie, souhaitant contribuer à une coexistence stable entre les deux peuples sans fluctuations hostiles.

Le leader religieux a réitéré sa solidarité avec le peuple ukrainien, mentionnant les morts, les disparus, les réfugiés et les églises détruites par les bombes russes. Il a prié pour la fin de ce qu'il a nommé une guerre impie et pour l'avènement de la paix et de la justice. Il a rappelé que l'orthodoxie ne doit pas être vue comme une simple fédération d'Églises locales indépendantes, mais comme une Église unique, sainte, catholique et apostolique. Cette vision de l'unité a été au cœur de ses récents déplacements, notamment une visite de trois jours à Sofia pour commémorer saint Jean de Rila, dans un contexte marqué par des tensions historiques entre les Églises de Bulgarie et de Grèce.