Église mondiale · 25 septembre 2026
Le pape Léon XIV en France pour diffuser la doctrine sociale catholique
Le pape Léon XIV effectuera un voyage du 25 au 28 septembre 2026 en France, visitant Paris, Lourdes et Metz. Pendant quatre jours, il partagera l’enseignement social de l’Église catholique sur des sujets tels que la fin de vie, l’immigration et l’intelligence artificielle. Le voyage sera observé de près comme un moment où le projet du pape de rendre plus visible la doctrine sociale de l’Église pourra se concrétiser. Le père Patrick Valdrini, ancien recteur de l’Institut Catholique de Paris, a souligné l’importance de cet événement.
La France est aujourd’hui plus laïque qu’en 2008, année de la visite pastorale du pape Benoît XVI. Selon l’Institut National D’Etudes Démographiques, 51 % des adultes français déclarent n’avoir aucune affiliation religieuse, contre 43 % en 2008, tandis que 29 % s’identifient comme catholiques et seulement 8 % pratiquent régulièrement. Malgré ce déclin, Cyprien Viet, journaliste à I.Media, note une ouverture accrue à la catholicisme ces dernières années, motivée par la sympathie après les attaques contre les églises, la reconnaissance du patrimoine chrétien après l’incendie de Notre‑Dame en 2019, et la gratitude pour les actions caritatives de l’Église pendant la pandémie.
L’encyclique du pape Léon sur l’intelligence artificielle, "Magnifica Humanitas", a eu un impact notable en France, incitant à des débats plus profonds sur les enjeux éthiques. Le pape aide ainsi à fournir des repères dans ce domaine émergent.
Le concept de "laïcité", hérité de la Révolution française, reflète une méfiance historique envers la religion, perçue comme un frein à la liberté et à la raison. Cette attitude a longtemps limité le dialogue entre l’Église et l’État en France.
Parmi les sujets sensibles figurent les questions de fin de vie. La France a légalisé l’euthanasie et le suicide assisté cet été, devenant le cinquième pays européen à adopter de telles lois après la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg et l’Espagne. L’Église catholique condamne ces pratiques, considérant que la vie doit être préservée jusqu’à son terme naturel.
Charles Personnaz, ambassadeur de France près le Saint-Siège, a déclaré s’attendre à ce que le pape réaffirme la doctrine catholique sur la protection de la vie, tout en laissant aux évêques français le débat politique sur l’euthanasie. Il a rappelé le principe de subsidarité, selon lequel les questions politiques doivent être traitées au niveau le plus proche des citoyens.
Lors de son passage à Lourdes, le pape devrait souligner la dignité intrinsèque de chaque personne, même en situation de souffrance. Il rencontrera également des victimes d’abus sexuels au sein de l’Église française et les évêques du pays.
Le 25 septembre, le pape interviendra à l’UNESCO à Paris pour aborder les défis mondiaux posés par l’intelligence artificielle. Il conclura son séjour à Metz en réfléchissant au dialogue interreligieux et à l’avenir de l’Europe.
Le programme comprend également une visite d’un centre d’intégration des migrants géré par l’archidiocèse de Paris, un sujet sensible à l’approche de l’élection présidentielle de 2027, où Marine Le Pen figure parmi les favoris de l’opposition.
Personnaz a souligné que les propos du pape sur l’immigration seront probablement bien accueillis, rappelant que le pontife a toujours insisté sur la responsabilité des nations d’aider les populations à rester chez elles.
Cette visite constitue la première tournée d’État d’un pape en France depuis le voyage de Benoît XVI en 2008. La Sainte Sede a refusé une proposition du gouvernement français de faire accompagner le pape par le président Emmanuel Macron lors d’une prière en la cathédrale de Notre‑Dame le 25 septembre. Les réponses du Bureau de presse du Saint-Siège et de l’Élysée Palace à ces demandes restent inconnues.