Église mondiale · 22 septembre 2026
Jeune génération et église américaines réévaluent leur relation
Le magazine chrétien américain Christian Century a publié le 28 août un essai intitulé « What Gen Z knows about the church » de l'éditrice senior Elizabeth Palmer. Elle critique l'image stéréotypée de la génération Z comme ignorant l'église et propose d'écouter d'abord ce que les jeunes comprennent de l'institution. Le texte s'inscrit dans la série « Dear Pastor » où des pasteurs et enseignants écrivent à des dirigeants ecclésiastiques. Palmer souligne que, bien que de nombreux jeunes s'éloignent des structures religieuses, ils ne renoncent pas nécessairement à toute quête transcendente. Elle décrit les critiques des jeunes envers l'église : priorité donnée aux alliances politiques et à la stabilité financière, négligence des abus de pouvoir, refus d'admettre les échecs. Ces reproches, bien que formulés par Palmer, ne suffisent pas à fermer la porte au dialogue. Elle refuse de réduire la question à un problème de marketing visant à « ramener » les jeunes à l'église. Au lieu de cela, elle invite l'institution à reconnaître ses propres lacunes et à chercher ce que les jeunes pourraient offrir de positif.
Palmer rappelle que le péché obscurcit la vision humaine, y compris celle de l'église, et que la reconnaissance sincère des faiblesses est indispensable. Elle conclut en inversant la question : plutôt que de se demander comment convertir la génération Z, l'église doit se demander ce que cette génération peut apporter de bon. Cette réflexion n'est pas exclusive aux États‑Unis ; au Japon, la Fondation Heiwa a organisé en mars 2025 un symposium sur la formation religieuse des jeunes, où le pasteur Daisuke Ishibashi du Hokkaido Baptist Convention a interrogé la définition même de « jeunesse » au sein des congrégations. Il a rappelé que les jeunes sont souvent présentés comme « porteurs de l'avenir » ou « nouvelle brise », ce qui peut les placer hors du processus décisionnel actuel. Une rétroaction d'un jeune a montré que les programmes jeunesse, perçus comme des initiatives ponctuelles, ne répondent pas toujours aux attentes. En outre, une enquête menée en 2023 par le Honganji de Chigusa a révélé que 39,7 % des répondants de 18 à 70 ans ont ressenti une augmentation de la méfiance envers les organisations religieuses, un phénomène accentué chez les femmes de 10 à 40 ans.
Ces données soulignent une distance psychologique croissante entre les jeunes et les institutions religieuses, un phénomène qui s'est intensifié après l'assassinat de l'ancien Premier ministre Shinzo Abe. Palmer, dans la dernière partie de son essai, appelle l'église à ne pas attendre que les jeunes posent la question « qu'est‑ce qui sortira de Nazareth ? », mais à se poser elle‑même « qu'est‑ce qui sortira de la génération Z ? ». Elle invite les communautés à examiner ce que les jeunes perçoivent comme positif avant de chercher à les réintégrer. Cette perspective transversale relie les débats américains, japonais et coréens, montrant une préoccupation partagée concernant la manière dont les églises envisagent leur avenir face à une jeunesse en mutation.